Comment j'ai arrêté la course à pied (en prenant 3 kilos et presque sans péter un plomb)

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Ma seconde « soupage de décompression » !

Avant, je courais. En mode monomaniaque, une grosse centaine de kilomètres par mois en moyenne. Juste ce qu’il me fallait pour être zen. J’ai fait ça pendant plus de 10 ans (de 17 à 28 ans exactement). Jamais de coupure parce que je n’en ressentais pas le besoin. Jamais de vraies blessures non plus.

En 2015, il m’est venu l’idée de remonter à cheval et de tenter des trucs bizarres style Top Body Challenge (sorte de programme de fitness très à la mode). Bien évidemment le TBC n’a pas fait long feu dans ma vie, mais l’équitation est restée. De plus en plus fréquemment. Autant que le running. Chaque jour, je courais ou je montais à cheval. Et à côté de cela, j’avais une vie « normale » avec boulot, famille, amis et tous les tracas du quotidien.

Je n’ai pas senti le truc venir. Ok je me sentais un peu fatiguée, je dormais trop peu, j’avais de petites douleurs qui disparaissaient comme elles étaient venues. Mais rien d’alarmant à mes yeux. Un cure de Floradix® ou de magnésium et ça repart ! Sauf que j’ai commencé à avoir mal à la hanche, vraiment. Un ostéopathe, cavalier lui aussi, m’a dit que c’était quelque chose de fréquent quand on monte à cheval. Il m’a fait craquer dans tous les sens et ça a été mieux … pendant un mois. C’est revenu, et à ça s’est ajouté le coup du mollet, l’espèce de contracture hardcore survenue un jour où j’ai tenté le combo équitation + running dans la même après-midi. J’ai dû me rendre à l’évidence : il fallait que je me calme, au moins temporairement. :( 

J’ai donc « choisi » (entre guillemets, puisque de toutes façons mon mollet ne me permettait pas de courir sans hurler de douleur) de mettre de côté la course à pied. Pour vraiment bien faire les choses, j’aurais dû stopper l’équitation aussi. Mais j’étais engagée auprès de la propriétaire de Maya, je ne pouvais pas la laisser tomber du jour en lendemain parce qu’il n’y aurait eu personne pour s’occuper de la pauvre jument. Et, au fond de moi, je voyais l’équitation comme quelque chose de moins « physique » et moins traumatisant pour le corps que la course. Alors, sans que je m’en rende vraiment compte, l’équitation a remplacé le running dans mon agenda. C’était ça, ma vision de la « coupure » : arrêter de courir mais monter à cheval deux fois plus. 

Ça fait aujourd'hui un an que Maya est entrée dans ma vie ! :)

Ça fait aujourd’hui un an que Maya est entrée dans ma vie !

Mais le fait est que j’ai arrêté de courir … Et ça ne s’est pas fait sans mal. Parce que courir, c’est ma première « soupape de décompression » (disons que c’est la plus saine). Heureusement (ou pas), j’en ai une seconde : la nourriture (et pas la salade verte hein). C’est donc tout naturellement que la seconde a pris la place de la première.

Et une fois passés les 10-15 premiers jours de déni (mais si, c’est sûr, mon mollet sera guéri demain grâce à l’huile d’arnica et je pourrai faire une sortie longue), de colère (mais quelle co*** j’ai été de trop en faire), de marchandage (tiens je vais quand même mettre mes baskets et voir si je peux trottiner 1 ou 2 km) et de déprime (ma vie est foutue, je vais finir aigrie et obèse), il y a … l’acceptation.

Et là, j’ai compris les gens qui ne font pas de sport. Parce que moins tu en fais, et moins tu as envie d’en faire. On s’enlise doucement dans cette relative tranquillité. On oublie le bien-être qui survient après la séance de sport. Et ça ne manque pas (sauf quand on voit les autres courir). On trouve d’autres occupations, tout aussi sympathiques. Finalement, le seul point négatif c’est peut-être le corps qui change (et encore … je me surprends à apprécier ces quelques kilos supplémentaires) et, sur un plus long terme, la condition physique un peu moins bonne (courir pour attraper le métro devient légèrement plus compliqué).

L’avantage de cette coupure forcée, c’est que j’ai pu prendre conscience de certains trucs. J’ai d’abord repensé à ce que m’a dit une amie très chère : que je faisais les choses de façon « extrême » concernant la course à pied et l’équitation (ça s’applique aussi sans doute à plein d’autres versants de ma vie, mais là n’est pas la question). Sur le coup, j’ai juste pensé : « extrême = excès = pas bien = critique ». Je me suis aussi dit qu’avec une centaine de kilomètres par mois ou 2 heures d’équitation 4 fois par semaine, j’étais loin d’être la « pire ». Puis j’ai essayé de m’observer avec un peu de recul et effectivement, même si je suis loin d’avoir un niveau de dingue dans les deux disciplines, je m’engage à 100% (tiens, là encore ça s’applique aussi à plein d’autres versants de ma vie). Et s’engager à 100% dans un tas de choses, c’est prendre le risque de tout faire mal ou … d’exploser en plein vol !

Alors bon, on sait bien qu’entre prendre conscience du « problème » (vous noterez les gros guillemets hein, tout est très relatif) et le résoudre, il y a parfois plus d’un pas. Je vais donc m’efforcer de repenser un peu tout ça et d’opter pour … le dilettantisme ? Toujours de tout, mais avec plus de parcimonie, ça pourrait être pas mal. D’ailleurs, en recherchant un sport qui soit aussi défoulant que la course à pied, je suis tombée sur le site de ma piscine municipale et ses cours de natation pour adultes. Une heure par semaine, on est loin de l’extrême là non ?

18 comments to Comment j’ai arrêté la course à pied (en prenant 3 kilos et presque sans péter un plomb)

  • J’ai beaucoup aimé te lire, tu es tellement sincère ! Bravo pour cette prise de conscience, c’est vrai que le sport devient peu à peu une sorte de drogue qui nous fait du bien, mais les extrêmes ne sont jamais bons Bon courage à toi !!

  • leignel

    merci pour ce joli instantané de ta vie dans lequel, sur certaines lignes , je me reconnais bien !
    la « jusqu’auboutiste  » que je suis a vécu aussi la période blessure et les 5 phases qui vont avec ………….
    de plus , du sport que depuis 5 ans ( j’en ai 40) , et 40 kilos en moins sur la même période laisse fatalement des traces ………….
    Alors oui , je suis toujours aussi « extrème » mais …………….Avec modération !
    merci à toi =)

    • Je pense que pas mal de coureurs sont aussi « jusqu’auboutistes » … Mais il faut garder en tête de prendre soin de soi avant tout.
      Être extrême avec modération, tout un programme !

  • Hello ! juste un mot : Et la passion ? que fais tu de tes passions ?
    La passion avec parcimonie ça n’existe pas et une vie sans passion c’est triste !
    T’avais besoin d’une coupure tout simplement …à mon avis !

    • Hello Ludo. Ton commentaire m’a fait cogiter et puis je me suis souvenue que la sujet de la passion avait déjà été abordé dans les commentaires de cet article : http://loveliferunning.com/nostalgie. Et aussi d’une certaine façon dans celui-ci http://loveliferunning.com/flash-back/ dont le titre aurait pu être « pourquoi je cours ». Donc pour la course à pied, la question de la passion est réglée !
      Pour ce qui est de l’équitation, je ne sais pas trop … Le sport en lui-même n’est pas une passion, c’est certain. Mais j’ai un gros coup de cœur pour « l’animal-cheval » dans son ensemble. A méditer !
      Ceci étant dit, la coupure m’a vraiment fait du bien, au corps comme à la tête !

  • Tellement classique la blessure qui fait tout basculer… C’est vrai que la parcimonie reste le meilleur moyen de se préserver, en faisant « un peu de tout ». Le tout c’est que tout ça reste un plaisir! La piscine par exemple j’essaye un peu (chez moi c’est le tendon d’achille qui fait la gueule), mais pouuuh j’aime pas ça!

    • Jusqu’à présent, je n’étais pas fan de la piscine non plus. Mais peut-être est-ce seulement parce que je ne sais pas nager autre chose que la brasse (et encore, je ne suis pas sûre que mon style soit très académique ^^) ? L’avenir me le dira !

  • Très beau billet. Il faut que la course à pied reste un plaisir, si ce n’est plus le cas, c’est une bonne chose de faire une petite pause et éventuellement trouver un autre sport qui restera par la suite pour équilibrer notre pratique. Bonne coupure

    • Merci. Contre toutes attentes, la pause m’a effectivement fait du bien !
      Un sport qui restera par la suite pour équilibrer ma pratique de la course à pied, voilà exactement ce que j’espère trouver dans la natation.

  • Laurent

    Excuse-moi d’intervenir sur ce fil, mais 100 km par mois en course à pied ça n’a rien de très compulsif comme activité… C’est une pratique sportive avec de l’entrainement. Quant à la blessure il est bien sûr sage de se soigner et de faire une coupure. Par contre je ne comprends pas bien le pourquoi tu ne peux pas concilier équitation et couse à pied parce que alternant 2 activités il n’y a là encore rien de monomaniaque. Pour le poids 3 kg qui vont qui viennent rien de très alarmant. Que de questions sur toi même et tes pratiques tu te poses…

    • Tu es le bienvenu.
      A mes yeux, la compulsion n’a rien à voir avec la quantité. Quand j’écris « En mode monomaniaque, une grosse centaine de kilomètres par mois en moyenne. Juste ce qu’il me fallait pour être zen. » c’est une façon de dire que je ne faisais aucun autre sport et que je courais dans l’unique but de me faire du bien et me détendre.
      Je n’ai jamais dit qu’équitation et course à pied n’étaient pas conciliable (je continue d’ailleurs de monter à cheval et de courir chaque jour). Je pense juste qu’à vouloir être tout le temps partout à 100%, on finit par se planter. Mais ce n’est que mon avis et mon ressenti ; peut-être que certains y arrivent sans même se poser de questions.
      Pour les trois kilos, je suis parfaitement d’accord avec toi : on s’en fout.

  • Bravo pour ce post plein de sincérité et total respect pour ton choix.

  • Je suis comme toi. Je soigne une séquelle de déchirure du mollet survenue l’été dernier. A base de footing trés progressif sur pelouse (la séance ne fait pas mal c’est les 24h qui suivent qu’il faut surveiller). J’en suis à 20 minutes, je vise 30 minutes de footing avant de travailler l’endurance.
    De plus, j’ai mal au deux genoux depuis quelque temps (changement de semelles car jambes un peu plus courte que l’autre et certainement tension accumulée dans les jambes). Je dois continuer selon mon médecin du sport tout en faisant atttention bien entendu.
    Je fais un peu de piscine, me mets à faire quelques postures de yoga trés simple et commence à travailler sur le qi gong (pour corriger la posture).
    Tu devrais intégrer une discipline douce (taichi, qi gong, yoga …ça apporte énormément et corrige pas mal de tensions dans le corps tout en l’assouplissant et le tonifiant …. et le mental bien sûr avec le temps)

  • Blandita

    Bravo pour cette prise de conscience ! C’est pas évident d’admettre qu’on doit faire un choix tu l’as fait ! Je ne t’avais jamais lue et j’aime ta façon de dire les choses
    Faut que je rattrape mon retard
    Bonne journée +++

  • Parfait, tu as fait un bon choix ! Merci pour le partage. Bonne continuation.

  • Canonball

    Coucou Carole,
    Je me souviens t’avoir encouragé avec mes mots en mode compète « pré-semi-marath » …….. et puis un p’ti coup de blues comme la vie peut parfois en délivrer ……….. Arghhhh !!!! ……. semblait s’éloigner le Running d’une blogueuse dont j’aimais …… « fichtre » que dis-je ….. que j’aime tant lire les récits ……. tellement emprunts d’authenticité ……. LA VRAIE VIE QUOI !
    Très heureux de revenir y mettre « ma goutte de sueur » !! ….. lol !
    Bises Vendéennes et @ très Bientôt,

    Canonball.