Le témoignage de Jessica

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Jessica, 21 ans & étudiante.

Notre runneuse du jour s’appelle Jessica et a 21 ans. Elle vit à Toulouse, étudie dans une école de commerce et vient de débuter son année de césure.

– Comment as-tu découvert le running ? Qu’est-ce qui t’a poussé vers ce sport ?
J’ai découvert le running en seconde. Tout bêtement en fait. L’été je n’avais pas d’activité sportive alors je me suis mise à aller courir dans mon village. J’étais un peu dans ma crise d’ado, et la course me permettait de me vider la tête, de ne penser à rien. j’allais dans les champs, avec ma musique que je me sentais bien. Je le voyais pas vraiment comme un sport mais plutôt une échappatoire.

– Depuis quand cours-tu ? Te souviens-tu de tes impressions lors de ta toute première sortie ?
Je cours régulièrement depuis la fin de mes années prépa, ça va faire 2 ans maintenant. Oh oui je me rappelle de mes impressions! Et je me revois tellement, avachie sur mon tapis, en sueurs, le visage rouge et avec du mal à respirer ! J’ai du courir 10 minutes, autour d’un barrage pas loin de chez moi. D’habitude j’y marchais, pour me remettre en forme (deux ans de prépa laissent des traces …) et puis un jour ça m’a pris, j’ai commencé à courir. Au bout de dix minutes je n’en pouvais plus, j’avais le souffle coupé. Mais c’était parti !

– Quand/comment es-tu devenu accro ?
Je suis devenue accro cet été-là, après la prépa. J’suis très obstinée comme fille, du coup je m’étais juré que j’allais progresser. Puis c’est devenu un ‘jeu’ avec moi-même, augmenter le temps de course. J’avais hâte à chaque fois pour voir combien j’allais faire. Et depuis le running ne m’a plus jamais quittée.

– Qu’est-ce que t’apporte ce sport au quotidien, dans ta vie de tous les jours ?
J’pense que ce sport définit beaucoup la fille que je suis, que je suis devenue. J’ai beaucoup changé je crois. Physiquement, il me permet bien sûr de rester en forme et les effets sont tellement bénéfiques: moins fatiguée, j’ai toujours envie de bouger (pas forcément pour courir, je suis juste moins paresseuse), plus tonique. J’peux me faire plaisir quand je veux. Mais le véritable apport du running a été psychologique. Le running m’a appris à gérer mes humeurs. Je suis bien plus posée à présent. Il m’a aussi donné cette force de caractère, cette force tout court, que je n’avais pas avant. Il m’a également apporté un certain émerveillement, comme un retour à l’insouciance. C’est tout bête mais je m’émerveille des paysages que je traverse, des gens que je croise, des sons que je perçois … Socialement c’est assez mitigé… Très peu d’amis comprennent ma passion donc parfois je me sens vraiment en décalage. Mais en contrepartie j’ai rencontré de nouvelles personnes, passionnées elles aussi !

– Le meilleur moment /endroit pour courir ? Seul, en duo ou en groupe ?
Pour moi le meilleur moment c’est en fin de journée, pour décompresser des cours ou du boulot, quand l’air est plus frais ! Depuis que j’ai déménagé, je cours autour d’un lac. A Toulouse je courais au bord de la Garonne. J’aime beaucoup courir au bord de l’eau et alterner route/chemin. Je suis plutôt adepte de la course solo car c’est difficile de trouver quelqu’un d’aussi motivé ou qui aura le même rythme. Seule, je peux me vider la tête avec ma musique, continuer plus longtemps si j’en ai envie ou arrêter si j’ai une douleur, on est plus « libre » finalement. Pour le temps, peu importe je dirais. J’aime beaucoup les soirs d’été ou les petites pluies au printemps qui rafraichissent un peu. Je ne cours jamais à jeun, ça me fait un peu peur, je sais pas trop comment mon corps réagirait. J’essaye d’avaler une barre de l’effort (Ovomaltine) et un fruit si je dois faire une sortie le matin !

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« Mon équipement fétiche en été. »

– Tes sources de motivation ? La meilleure motivation pour courir ?
Je t’avoue que cette question est difficile. Je ne sais pas, c’est tellement devenu automatique, une partie de mon quotidien, comme aller au boulot ou en cours. Quand parfois je n’en ai pas trop envie, je pense à mes sensations, au plaisir que ça me procure et à l’après-effort quand on est sur notre petit nuage. J’pense que c’est ce qui me fait chausser mes baskets, le bonheur que ça m’apporte. C’est une sensation que je ne retrouve nulle part ailleurs.

– Une citation favorite ? Une chanson qui te motive ?
Ce n’est pas une citation, plutôt un slogan: No pain, No gain. Ça résume tout je crois. On a rien sans rien, on a la vie que l’on se fait. La chanson qui me motive en ce moment c’est « Hall of Fame » de The script, les paroles donnent envie de se dépasser, j’augmente toujours le rythme quand elle passe!

– Ta tenue pour courir ? Ton matériel ?
En été ce sera un short, une brassière et un débardeur, le tout avec la technologie dry fit!
En hiver : un pantalon de running, une brassière et souvent je superpose tee-shirt et sous-pull, le tout en matière spéciale bien sûr ! Quand il fait très froid je rajoute des gants et un cache-oreilles, de la marque Kalenji.
Pour la mi-saison j’ai des corsaires et des tee-shirts légers.
Pour les baskets je ne jure que par Nike car c’est celles qui vont le mieux avec ma foulée et mon pied. J’ai testé New Balance mais ça n’allait pas du tout, j’ai eu d’importantes douleurs au talon. J’ai eu les Vomero, les Free run 3 et les 5. Ces dernières sont mes préférées!
A côté de ça j’ai la puce allant avec l’application Nike+, une bande réfléchissante à mettre au bras ou à la cheville car l’hiver il fait nuit tôt et un brassard pour mettre mon Iphone. Je vais investir dans une montre, je recherche encore le modèle car c’est tout de même un certain investissement.

– Une semaine sans running, c’est … ?
Une semaine de perdue, une semaine où je me traine et je bouillonne, où je vais imposer ma mauvaise humeur.

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« Courir … et se faire plaisir ! »

Des blessures liées à la course ?
Pas de blessure mais une carence en fer malheureusement. J’ai découvert une anémie lors d’un contrôle banal en juin, je ne m’en étais pas rendue compte. Mon médecin elle-même m’a dit que je ne faisais pas du tout anémique. Du coup je suis un traitement et j’espère récupérer très vite. Niveau muscle et articulation, je touche du bois.

– Quand je cours, je me sens … ?
Je me sens sereine, en paix avec moi-même. Je pense à tout et à rien. Je pense à l’année qui s’est écoulée, à toutes les choses que j’ai vécues. Je pense à ce qui arrive aussi, à mes envies, à mes projets. Les pensées se succèdent un peu à 100 à l’heure. Et à la fin du running je serais incapable de te dire ce à quoi j’ai pensé !

– Les réactions de ton entourage par rapport à ta pratique du running ?
Mes parents me soutiennent et m’encouragent. Ils m’emmènent aux courses et m’attendent à l’arrivée. J’ai énormément de chance car ils me financent aussi une grande partie de l’équipement. Ils sont derrière moi mais n’hésitent pas aussi à me calmer lorsqu’ils sentent que je tire trop sur la corde et que j’ai besoin de me reposer, ce que j’ai énormément de mal à faire. Là, étant en phase de reprise (j’ai arrêté depuis mai à cause de l’anémie), c’est assez difficile car je suis un peu déçue de mes temps mais ils sont là pour me remonter le moral.

– Tes records perso ?
Mon record est de 15 km en 1 heure 26 minutes.

– Et la compétition ?
J’ai fait deux 9 km, un dans le vignoble alsacien et un pour La ligue contre le cancer. Au premier j’ai fait 50 minutes, avec un dénivelé sur le dernier kilomètres qui m’a complètement coupé. Le deuxième n’était pas chronométré car c’était plus pour faire un bon geste, j’ai fait ça car cette cause me tient à cœur. Grâce au site Nike+ je connais mes records sur 5 et 10 : 24’48 sur 5 km et 50’03 sur 10 km.

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« Mon émerveillement à chaque sortie. »

Ton état d’esprit avant / pendant / après une course ?
Avant c’est vraiment horrible car je suis trèèèèès stressée comme fille! Du coup mal au ventre, on m’entend dire « j’ai pas enviiiie » et dès que le départ retentit tout ce stress me quitte, je ne pense qu’à avaler les kilomètres. Pendant la course je me concentre pas mal sur mes sensations pour ne pas me laisser emporter par les autres et me cramer trop vite. Comme ça je peux bien gérer ma course. Après c’est juste le summum des endorphine, j’ai envie de pleurer (on ne se moque pas…). J’me sens fière et heureuse !

– Un souvenir particulièrement marquant lié à la course à pied ?
Je n’ai pas encore de pire ou de meilleur souvenir, je réserve ça pour mes futures compétitions ! Un souvenir marquant serait ma première course, celle où il y avait du dénivelé. J’arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, j’ai pas regardé le parcours, je viens vraiment là pour ‘tester’ la compétition. J’arrive et je vois toutes ces personnes, 30 ans minimum avec tous un tee-shirt « Club marathon…. » et là je me dis « Mais qu’est ce que je fais là ??? ». Bref j’y étais donc pas le choix. Je commence ma course, je trouve mon rythme tout va bien jusqu’au 8ème kilomètre où je vois cette pente devant moi, ce dénivelé, du jamais vu ! Et là je me demande comment je vais faire. Et ben j’ai fait comme les autres, j’ai alterné marche et course. Impossible de courir. Je finis tant bien que mal et là je ne comprends pas, on vient me dire bravo, on me sourit en me disant félicitations ; pourtant je ne suis pas première loin de là. J’apprendrai les jours suivants qu’ils s’agissait d’une course des plus dures ! Moralité: toujours préparer sa course !

– Ton avenir avec le running ? Des projets particuliers ?
Comme je suis en reprise, dans un premier temps j’aimerais courir un 10 km puis ensuite reprendre ma préparation pour un semi-marathon. Idéalement j’aimerais courir un 10 avant la fin de l’année et un semi en 2014. Le rêve absolu c’est le marathon, mais pour l’instant je veux vraiment prendre le temps de me remettre sur pied, y aller par pallier sans brûler d’étapes. Mais je sais qu’un jour j’y arriverai.

– Concilier vie professionnelle, vie de couple/de famille et running ?
Pour vie de famille je ne peux pas encore répondre car j’ai seulement 21 ans. Pour la vie professionnelle, je concilie stage et running depuis juillet. C’est pour l’instant assez facile avec les beaux jours qui motivent à enfiler ses baskets après le boulot surtout que je finis à 18h30 au plus tard. Par contre, en approchant de Noël la charge de boulot va s’intensifier et les jours seront bien plus courts. Je pense que le mieux est de se faire un planning avec des sorties, pour s’y tenir. L’avantage avec le running c’est qu’on est libre. On enfile ses baskets et hop c’est parti ! Donc finalement c’est assez facile de concilier le running avec la vie professionnelle ou familiale.

iPod Jessica

« Mon record : 15 kilomètres ! »

As-tu un coach, un plan d’entrainement particulier ?
Pour l’instant non car je reprends. A l’école de commerce cette année je suivais un entrainement avec un élève qui avait fait sport-études course à pied. Il me faisait travailler l’endurance et m’intégrait des séances de fractionné, ce qui m’a énormément aidée. Quand je pourrai reprendre la préparation au 10 km je compte me baser sur les plans proposés par les magazines spécialisés type Jogging International ou Running.

– Un avis sur le running par rapport à l’alimentation ?
Je pense que l’avantage du running c’est qu’on peut se faire plaisir à côté sans en pâtir. Mais je pense qu’il est également nécessaire d’avoir un certain équilibre pour ‘bien’ courir. Il y a des règles à respecter, comme ne pas manger trop lourd avant une sortie, ou ne pas boire d’alcool la veille d’une course. Mais je pense qu’il ne faut pas que ça devienne une obsession si on ne fait pas cela à haut niveau. Le running doit rester un plaisir et l’alimentation aussi ! J’ai eu des rapports compliqués avec l’alimentation, j’ai souffert de troubles du comportement alimentaire et maintenant que je suis guérie je me rends compte à quel point une alimentation est essentielle pour le corps et surtout pour une sportive ! Notre corps est un moteur qui a besoin de carburant pour fonctionner. Sans ce carburant, s’acharner à courir ne sert à rien, si ce n’est à détruire nos muscles.

– Un rituel avant/après un footing ?
Avant le footing pas vraiment non, je commence par 5/10 minutes plutôt tranquille pour m’échauffer mais c’est tout. Après, mes deux réflexes sont étirements et hydratation bien sûr.

– D’autres sports en parallèle de la course à pied ?
En école de commerce je faisais du foot et du fitness en parallèle. Maintenant je suis inscrite en salle de sport où je suis les cours collectifs (je n’aime pas trop travailler sur les machines). Selon l’emploi du temps ce sera Zumba, Body combat, Body attack ou Rpm! Je compte me remettre de temps en temps aux entrainements spécialisés abdos et fessiers de l’application Nike Training club sur iPhone car ils ne durent que 15 minutes et donnent de beaux résultats ! Sinon, je marche beaucoup également !

Un grand merci à Jessica. Avis aux runneuses qui passent par ici : n’hésitez pas à me contacter pour nous faire partager votre vision de la course à pied !

11 comments to Le témoignage de Jessica

  • Belle interview, assez longue pour qu’on puisse vraiment découvrir cette runneuse et ça fait vraiment plaisir de lire ses sentiments vis-à-vis de la course ! Je me suis reconnue sur certains passages, notamment l’avant-course hyper stressée lol je compatis Bonne continuation à toi Jessica

    • Coucou Charlotte merci beaucoup! C’est vrai que l’avant course c’est le pire mais j’espère qu’avec l’expérience ça s’estompera lol :p Bonne continuation à toi aussi

  • Merci pour cette interview !

  • J’ai beaucoup aimé ce portrait qui est bien écrit et qui montre une fois de plus les multiples bienfaits de la course a pieds. Bon courage a Jessica pour les soucis de santé et a bientôt sur semi et marathon alors

  • Doris

    Meufette( tu me reconnaitras Bravo! En lisant ton interview , je me revois quelques annees an arriere.Beaucoup d annees en arriere!! et j ai réalise mon reve LE MARATHON .
    Je suis fiere de toi.
    A bientot sur une course dans notre belle region …

    Bises

  • Sympa ce portrait, et bonne continuation Jessica

  • Bonjour,
    Merci pour ton témoignage! en plus il y a d’excellents conseils!

  • J’ai l’impression de lire certains de mes mots. Belle interview.

  • Merci beaucoup, très bientôt j’espère oui !

  • valerie

    Jessica, bonjour

    Pourriez-vous acceptée de me répondre concernant le running?

    Je pèse actuellement 47 kg pour 1 m 68 j’ai repris 3 kg mais pensez-vous que je peux me permettre à ce poids de courir?

    A combien de kilos et à quel stade de la maladie avez-vous repris le running?

    Très cordialement.
    Valérie