Mes 10 km du Val de Marne - 24 mars 2013

Pendant 10 km, je m’appelle … « Carolie ». Charmant !

La veille – C’est ma dernière course « sérieuse » avant … juin ! Sauf si je craque et trouve une course sympa et pas trop loin de chez moi d’ici-là.
Mon objectif est le même que pour mon dernier 10 km : passer sous les 50 minutes. Vu mon temps au semi-marathon de Paris, en théorie ça devrait être très faisable. Je sais qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, mais je décide quand même de tenter un pari un peu fou : une vitesse moyenne de 12.4 km/h, pour toucher du doigts les 48 minutes. Pour cette estimation (très) personnelle, je me base sur les 12.6 km/h que j’ai déjà tenus pendant 5 km aux Foulées de Vincennes.

Seule ombre au tableau : ma douleur au mollet, apparue cette semaine et qui n’a pas intérêt à se réveiller brutalement pendant la course. Et mon manque absence d’entrainement sérieux, mais ça c’est chronique depuis que je suis entrée dans la vie active. :oops:

Le jour J – La grande spécialiste pour se mettre la pression toute seule est de retour ! J’hésite entre vomir mon thé ou … vomir mon thé. J’ai beau savoir que je ne joue ni ma vie (ni l’amour de mes proches …), c’est plus fort que moi ! Heureusement mon homme et mon père sont avec moi, et eux ne sont pas du tout stressés.

Allure prévue : 4 min 50 au kilo. Soit 2 min 25 pour 500 mètres (j’ai réglé ma Garmin pour qu’elle m’indique mon allure tous les 500 mètres, histoire de rester le plus régulière possible dans ma vitesse). C’est ambitieux, mais je sens que c’est faisable.

Bonnet : Ok. Casque : Ok. Main gauche bizarre : Ok.

Nous arrivons trois quarts d’heure avant le début de la course. Pas d’échauffement, comme à mon habitude. Nous marchons tranquillement et je m’étire, juste histoire d’avoir l’air sérieux. :roll: Quelques centaines de coureurs participent à ce 10 km, et peu à peu la foule commence à s’amasser près de la ligne de départ. Je me décide à quitter mon manteau, embrasse mon staff de supporters et me dirige vers un bénévole qui met en place des sas de départs. Et là : grand moment ! Je lui demande si je peux me mettre dans ce sas. Il me répond : « Ici c’est pour les moins de 38. » Pensant qu’il évoque les numéros de dossards, je dis : « Ok c’est bon. » et me dirige d’un pas très assuré au milieu du sas. Il me faut bien deux minutes, quelques dossards à trois chiffres et une foule de coureurs très « pro » autour de moi (et zéro nana) pour que je comprenne que le 38 ne concerne pas le numéro de dossard, mais le temps sur 10 km ! Oups. Sauf que je crois me souvenir qu’il n’y a pas de calcul du temps réel, donc maintenant que je suis là autant rester au plus proche de la ligne de départ quand le coup de feu retentira. Parmi les mecs autour de moi, l’un me demande mon chrono sur 10 km. Je réponds très franchement et avec mon air le plus naïf possible : « 50 minutes ». Ça le fait marrer, et il me conseille de ne pas le crier trop fort.

Le coup de feu retentit. Ça part très très très vite ; moi qui me place toujours dans les dernières, je ne suis pas habituée à cela ! Comme j’ai bien conscience d’être un peu LE boulet au milieu de tous ces guépards, je me cale sur un côté pour gêner le moins possible. Je me fais doubler comme jamais durant le premier kilomètre, mais vu les circonstances ça me fait plus sourire qu’autre chose ! Et au moins, pour une fois je ne suis pas gênée pour trouver ma vitesse. Je suis un peu secouée par tant de rapidité, un début de point de côté apparait mais disparait tout aussi vite.

Je trouve rapidement mon rythme, et resterai régulière durant pratiquement toute la course : entre 2 min 25 et 2 min 21 tous les 500 mètres. Franchement j’en ch** pas mal : on est loin de mon allure limace habituelle ! Malgré tout je maintiens le rythme, et voir que je suis en-dessous de mes prévisions me galvanise. Je passe le km 5 avec 20 secondes d’avance sur mes prévisions, et je constate avec joie que je rattrape quelques coureuses qui m’avait doublées comme des gazelles au début du parcours.

Pas d’arrêt au ravito. Déjà que mes trois noix de macadamia grignotées sont à deux doigts de repartir dans le sens inverse de la digestion classique … Le parcours était annoncé plat et roulant, mais c’était sans compter sur les ponts ! Heureusement, un pont ça monte puis ça redescend. J’aime les descentes !

Le sprint final !

La fin approche. Je compte les kilomètres qui me sépare du stade où a lieu l’arrivée, et où je sais que mon père et Éric m’attendent. Un coup d’œil à ma montre au km 9 m’indique que je cours déjà depuis 47 minutes. Quoi ?!? Un deuxième coup d’œil et je constate que mon cerveau ne doit plus être suffisamment irrigué, puisqu’en fait Garmin indique 45 minutes. Tout est encore possible ! Je donne tout, et encore un peu plus quand mes pieds foulent enfin la piste d’athlétisme. Je me décale du couloir numéro 1 et tente une grimace de souffrance un sourire pour la photo, puis je me dévisse la tête pour apercevoir le chrono du temps officiel : 47 et des bananes ! 47 quoi, c’est juste fou ! J’accélère tant que je le peux, et passe sous l’arche en 47 minutes et 40 secondes. J’ai l’impression que je vais mourir sur place, mais finalement ça passe et deux minutes plus tard j’ai retrouvé toute ma fraicheur.

Je suis juste trop contente : je suis sous les 50 minutes, et même carrément mieux que ça. Un nouveau record, et celui-ci franchement il claque ! Je suis partie avant la publication des résultats, donc ce dimanche soir j’ignore toujours mon chrono officiel. Ma montre dit 47 minutes 41, et dans mon souvenir c’est le temps que j’ai vu afficher juste avant de passer l’arche. [Édit – Temps officiel : 47 min 42 sec] Aucune idée de mon classement, mais vu le niveau qu’il y avait (label régional oblige) il ne doit pas être bien brillant. Enfin ça m’est égal : j’ai explosé mon record perso et j’en suis tout simplement heureuse.

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