Mon semi de l'Humarathon - 21 avril 2013

Pourquoi cette course ?
Ce semi n’était pas prévu au programme. Je n’y avais même prêté aucune attention, pour la simple raison qu’il se déroule à Ivry-sur-Seine, de l’autre côté de Paris. Mais c’était sans compter sur mon nouveau statut de blogueuse. Une invitation reçue par mail à laquelle je réponds rapidement (c’est ça d’être hyper-connectée …) et pouf ! Me voilà invitée au semi-marathon de l’Humarathon, à peine 10 jours avant la course !

L’objectif …
Pas d’objectif particulier pour cette course de dernière minute. Bon je l’avoue : 1 heure 45 me plairait bien. Ça, c’est dans l’idéal. L’objectif plus réel est « simplement » de faire mieux que la dernière fois, soit moins de 1 heures 47 minutes et 49 secondes (soyons précis). Et ça me parait impossible : lors de mes « entrainements » (c’est un bien grand mot pour décrire mes petits footings de la semaine), j’ai réalisé que j’avais énormément de mal à atteindre et surtout maintenir ma vitesse de course. Je savais que l’adrénaline avait des effets, mais dans mon cas c’est caricatural : s’il n’y a pas la pression de la course je suis incapable de me speeder un peu. Voilà pourquoi je suis plutôt peu confiante avant chaque compétition.

En cette veille de course, pas de dossard à récupérer. Et pour cause : « Votre dossard vous sera donné lors du petit-déjeuner avec les athlètes à l’hôtel. » Le décor est planté. Moi, Carole, 26 ans, 1 heure 47 minutes sur semi, je vais me retrouver au milieu de Kenyans à papoter running devant un thé et un pain au chocolat. Et ensuite, ensemble, nous allons rejoindre la ligne de départ en bus. C’est juste … surréaliste ! Et un peu stressant aussi. Surtout que j’ai rendez-vous à 7 heures du matin, pour un départ de la course à 10 heures 30. Ça me parait très long (et ce n’est pas du tout dans mes habitudes) mais bon. Je suis invitée, je n’ai pas le droit de faire ma chieuse. :roll: Pas de staff de supporters, je suis toute seule dans cette « galère » !

Ambiance d’avant-course dans le gymnase des Epinettes

Jour J : l’avant-course …
Réveil à 5 heures 45. Un dimanche, normal. Au moment où j’étais précisément en train de rêver que je ne bouclais pas un semi-marathon parce que je me trompais de chemin ! J’avale un thé, 25 2 vitamines C, pose mes lentilles de contact et … je me maquille. Ben oui, je vais rencontrer des Élites il parait. Et puis on ne sait jamais, des fois qu’un peu de mascara me fasse gagner une minute. Entre le réveil et le maquillage, j’ai presque l’impression d’aller bosser ! Ah non, la tenue est quelque peu différente. Tee-shirt (très) bleu offert par Nonoyelle et corsaire noir et violet.

6 heures 30, je suis dans ma voiture. GPS en place, et c’est parti pour un tour de périph’ ! J’arrive pile à l’heure à l’hôtel, où l’on m’installe dans la salle du petit-déjeuner. Je prends un thé, et même si le buffet a l’air sympa je n’ai absolument pas le moindre appétit. Devant moi sont attablées deux coureuses africaines et je suis hallucinée par tout ce qu’elles avalent ! Comment peuvent-elle courir aussi vite avec tout ça dans le bide ?! Du côté des hommes, la maigreur de leur visage me choque un peu au premier abord. C’est étrange de les voir ainsi, en réel, à un mètre de moi et habillés en « civil ».

Je suis rejointe par le staff (très sympa) qui s’occupe de la course et plus particulièrement des Élites. Nous papotons un peu et ils m’expliquent leur envie de développer ce « concept » de rencontre entre grands coureurs et blogueurs. L’idée est sympa, mais mon anglais de vache espagnole me freine un peu pour aller à la rencontre des Élites présentes. Et puis il faut être honnête : je ne reconnais personne, exceptées une ou deux nanas que j’ai sûrement vu à la télévision au Marathon de Paris.

Après le petit-déjeuner nous patientons dans un « salon » (nom un peu pompeux désignant en réalité quelques fauteuils dans le lobby). Je fais la connaissance d’un jeune français qui joue le manager de remplacement pour Mohammed Burka et échange quelques mots avec deux ou trois coureurs (impossible de me souvenir des noms). Lorsque j’annonce que je cours le semi-marathon en 1 heure et 47 minutes, l’un d’entre eux me demande si je le fais en marchant pour avoir un tel temps ! Ils ont tous l’air de se connaitre et semblent très détendus.

Un peu plus d’une heure avant la course, un bus RATP (privatisé pour l’occasion) nous emmène jusqu’au gymnase près de la ligne de départ. Après un tour au vestiaire, les Élites partent s’échauffer. De mon côté je décide de retrouver mon statut de coureuse « normale » en déposant mes affaires à la même consigne que les autres coureurs. Je commence à avoir faim (normal, je suis quand même debout depuis 5 heures) alors je me trouve une petite place dans le gymnase pour grignoter une barre énergétique (saine et bio) MuleBar. Pas mauvaise d’ailleurs, il faudra que je vous en reparle !

Quelques minutes avant le départ …

Un tour aux toilettes (ceux des Élites s’il vous plait ; mon statut un peu exceptionnel d’un jour me permet d’éviter l’interminable file d’attente) et je me dirige vers la ligne de départ.

Les 21.1 kilomètres …
Après une petite minute de silence pour les victimes du marathon de Boston, c’est parti ! L’idée de base, c’est de courir à une moyenne de 12 km/h (5 min/km ou 2 min 30 pour 500 mètres). Le parcours n’est pas plat : ça monte durant les trois premiers kilomètres, puis ça descend en faux-plat. Le tout deux fois. Dès le départ je prends un peu de retard, mais je le rattrape vite grâce à la descente. Du coup je passe le kilomètre 5 exactement dans les temps : 25 minutes ! Il fait très beau, mais aussi chaud ! Assez rapidement, je regrette d’avoir mis mon corsaire. Du coup je m’arrange pour choper une bouteille d’eau à chaque ravitaillement. Les bénévoles qui nous tendent les bouteilles sont au top d’ailleurs : pas de bouchons, c’est très fluide. Une micro gorgée et le reste … un peu partout ! Visage, corps, avant-bras … Il fait chaud alors allons-y gaiement ! Il y a une bonne ambiance du côté des spectateurs ; des petites filles tendent leurs mains pour que les coureurs tapent dedans en passant près d’elles.

Je passe le kilomètre 10 toujours au top (48 minutes 40 selon Garmin), et me prépare à ré-attaquer la montée. Là ça ne rigole plus : j’ai déjà la moitié du parcours dans les pattes (et pas en mode limace) et je commence à le sentir. Heureusement, la descente finit par arriver et je suis au kilomètre 15 dans des temps encore meilleurs que mes prévisions : 1 heure et 14 minutes 30 de course. Je suis aux anges.

Sauf que je commence à avoir vraiment très soif, et au ravitaillement je ne prends pas une mini gorgée, mais trois grosses. Et là, la course prend un tout autre tournant : à peine 500 mètres plus tard, un point de côté me transperce. Et pas le petit point de côté, le genre énorme qui ne passe pas. Je ralentis mais rien à faire. C’est toujours là et même encore pire. Je tente toutes les techniques contre le point de côté que je connais, mais à un moment je suis obligée de marcher tellement c’est douloureux. Et là, je découvre un autre aspect des courses. Je repense à Sébastien et son expression « je ramasse les morts ». Sauf que la morte c’est moi maintenant. Je marche. Les autres courent. Les autres me dépassent. Quelques tapes amicales dans le dos. Des mots d’encouragement. Et je me dis que si jusqu’à présent je n’ai jamais osé un petit mot envers ceux qui galèrent, dorénavant je n’hésiterai plus. Une nana me propose même sa bouteille d’eau. Je reprends la course, mais en mode limace. Je ne peux pas faire mieux, la douleur est trop forte. Je vois peu à peu s’éloigner le 1 heure 45 qui était clairement possible il y a encore 2 kilomètres. Je me dis : bon Ok on oublie le record, on se contente de faire aussi bien que la dernière fois. Mais même ça je me rends vite compte que je peux faire un trait dessus. J’ai mal, j’ai vraiment mal et ces 5 derniers kilomètres n’en finissent plus. À un moment je songe même à abandonner, mais c’est finalement hors de question. Tu as fait le plus dur ma vieille, tu vas au bout. Et puis je ne me vois pas du tout m’arrêter sur le bord de la route. C’est inconcevable. Coup dur quand le meneur d’allure 1 heure 50 me double. Mais vraiment je ne peux pas suivre. Je tente une dernière accélération quand je croise la pancarte du kilomètre 21 mais impossible de retrouver la vitesse que j’ai pourtant maintenue pendant plus de 15 kilomètres.

Le podium du semi-marathon : Dawit Weldeselasie (4), Geoffrey Kenisi (14) et Mohammed Burka (7)

Je passe la ligne d’arrivée. Enfin ! Chrono officiel : 1 heure 51 minutes et 11 secondes. Mon temps réel est d’environ 30 secondes de moins. Je passe près de Dominique Chauvelier qui me gratifie d’un « Bravo Carole » très sonore ! Nous nous sommes déjà croisés lors d’une Pasta Running Party de la Runnosphère, peut-être que mon visage lui évoquait un vague souvenir. Pour le prénom c’est facile, c’était inscrit sur mon dossard ! :roll:

Après la course …
A peine la puce enlevée de ma chaussure, je me dirige vers l’eau ! Je crève de soif : j’engloutis 1.5 litres en 30 minutes ! Le point de côté est passé aussi subitement qu’il était apparu. Puis je me dirige tranquillement (peux pas faire autrement de toute façon :lol:) vers le gymnase pour y récupérer mes affaires. Paul et les Élites sont encore là, du coup je bénéficie du bus avec eux pour le trajet retour. Je dis au revoir au staff puis retourne vers ma voiture. Musique à tue-tête et direction un bon repas en famille bien mérité !

Bilan …
Même si le chrono est loin de mes attentes, je ne peux pas dire que je suis vraiment déçue. Enfin si, bien sûr que je le suis un peu ! J’étais si près du but. Mais je suis en progression constante depuis plusieurs mois, il fallait bien que je trébuche à un moment. C’est fait. Et la soudaineté de ce point de côté me laisse penser que c’est vraiment la « faute » de l’eau (je ne suis pas DU TOUT habituée à courir avec quelque chose dans l’estomac). Bon Ok j’étais un peu plus rapide que prévu, mais mes jambes tenaient le coup et mon souffle aussi. Et mon mental n’en parlons pas : j’étais Iron Girl. Mais c’est la loi du sport … Il faut savoir rester humble … J’aurai ma revanche ! Et pourquoi pas l’année prochaine, sur ce même parcours ?

26 comments to Mon semi de l’Humarathon – 21 avril 2013

  • Bravo pour ton semi-marathon avec un partenaire de choix : Le point de côté !

  • bravo à toi, tu as fini ce semi certes pas comme tu l’espérais mais tu as finis .. et je suis soulagée de voir que je ne suis pas la seule à se parler à soi même et encore moins à s’appeler « ma vielle  »

    • Merci. Oui c’était un peu le combat des voix dans ma tête, entre le petit diable qui suggérait de lâcher l’affaire et le petit ange qui m’encourageait à continuer.

  • Bon, c’est sûr, c’est toujours décevant de pas obtenir un chrono, mais en même temps, tu as eu le courage de tester cette allure ambitieuse et c’est tout à ton honneur ! T’es pas loin de l’atteindre le 1h45 !! Faudra peut-être apprendre à manger avant de courir ?
    Allez bonne récup et FÉLICITATIONS, parce que ça reste un très beau chrono quand même.

  • Superbe CR et super blog. Félicitations pour les deux !
    Nouveau lecteur assidu je te souhaite de bientôt franchir cette barre des 1H45 qui semble être largement à ta portée.

  • Bravo pour cette course même si tu n’as pas réalisé ton objectif. Les expériences (bonnes comme mauvaises) font parties de la course et permettent de progresser!

  • Louannoughi

    Super récit de course, je ne connaissais pas ton blog j adore en tout cas, même si tu es déçu du chrono vu la galère de ton point de côté il est honorable

    • Merci. J’ai eu la chance que mon point de côté n’arrive qu’au 15ième kilomètre, ça m’a permis de sauver les meubles !

  • Je suis tout de même admirative de ton temps ! -Moi je dois le faire en rampant alors, le semi ;)- Le point de côté : Bête noire. Je suis comme toi, impossible de boire au risque d’avoir aussitôt de terribles ballonnements et un (coup de) point assuré ! Si qq a une solution …

    • Ces Élites sont sans pitié pour les runneuses normales !
      C’est sûr qu’avec l’été qui arrive ça va être compliqué si on n’arrive pas boire et courir en même temps !

  • Giao

    tu as du boire trop et trop vite d’un coup je pense, en course il faut boire les petites gorgées régulièrement et surtout ne pas attendre avoir soif pour commencer à boire

    • Pourtant je n’ai pas eu l’impression de trop boire sur le coup. Mais c’est vrai que j’avais tellement soif …
      Merci pour le conseil ; je tâcherai de m’en souvenir la prochaine fois.

  • Richard Coffre

    Bravo. Je n’ai pas pu la faire car je faisais un trail mais j’aimerais y retourner, je l’ai faite il y a 10 ans déjà …

    • Merci.
      Même si le parcours n’est pas vraiment « green », c’est vrai que l’ambiance de la course était très sympa.

  • King Calou

    Bravo à toi pour avoir terminé en tout cas! J’ai fait cette course aussi et le parcours et l’ambiance était comme tu le décris, très plaisant!!

    • Je ne pouvais pas ne pas terminer, ça m’aurait vraiment miné …
      Quel chrono pour toi ?

    • King Calou

      1h39 pour moi! Satisfait ! Moi j’avais eu un coup de pompe sur le semi de Paris et j’étais un peu blasé de voir le petit bonhomme avec son drapeau 1H40 me dépasser ^^. Et Félicitations pour ton blog très sympa à lire!

  • Ca reste une très belle course malgré tout Carole ! Les 1h45 ne sont vraiment pas loin
    On vit ta course à travers ton CR et tu as eu une très belle opportunité d’approcher les « élites » !
    Je te souhaite plein de bonnes choses pour les échéances à venir !

  • Whaou ! Super sympa cette expérience ! Bon, peut-être pas pour la course en elle-même et le chrono mais ça doit être sympa de rencontrer les élites. Je les regarde toujours passer avec admiration devant leur foulée !

  • […] « 3/4 d’euphorie, 1/4 d’agonie. Pas de RP, mais une bonne leçon d’humilité. » Voilà comment, en deux phrases, je pourrais résumer mon semi-marathon de l’Humarathon. Mais ce n’est pas que ça : il y a aussi eu des rencontres exceptionnelles avec des Élites mondiales du running, et une course qui m’a permis de vivre des émotions jusqu’alors jamais explorées en course à pied. Une journée sportive différente de d’habitude. Du positif et du négatif. De la douleur et du respect. Mais toujours autant de plaisir ! Chrono: 1h51min11sec Son article : http://loveliferunning.com/mon-semi-de-lhumarathon-21-avril-2013/ […]