Mon semi-marathon de Paris – 3 mars 2013

Le calme avant la tempête …

La veille Je devrais me réjouir de courir une telle course, mais c’est en réalité tout l’inverse. Pour tout avouer, plus la date fatidique approche et plus je me demande ce qu’il m’a pris de m’inscrire. Ok c’est Paris, LA ville par excellence où il faut avoir couru au moins une fois dans sa vie de runneur. Mais 40 000 personnes … Si je ne meurs pas piétinée dès le départ, il y aura de toutes façons tellement de monde que jamais je ne trouverai ma vitesse. Bref, un tas de pensées joyeuses et positives qui me font presque aller à ce semi à reculons ! Et cerise sur le gâteau : je suis malade depuis vendredi soir, avec en prime une douleur en bas du dos qui ne veut pas s’en aller. À vrai dire, c’est ça qui m’inquiète le plus.

Je passe donc le samedi à peser le pour et le contre : j’y vais ? J’y vais pas ? Je le fais en mode tranquilou ? Je le fais pas du tout ? Pour finalement opter pour la solution suivante : je suis incapable de ne pas y aller, mon esprit de compétitrice ne me le permet pas. Donc j’y vais et je trouve le moyen de me mettre dans ma bulle pour ne pas penser aux 39 999 autres personnes. Je vais en chi**, mais je dois tout donner pour ne rien regretter. Au pire, les pompiers me ramassent et ça me fera une expérience originale à raconter (ou pas).

Le retrait des dossards me met tout de suite dans le bain (de foule). Rien à dire côté organisation : certificat médical, retrait du dossard, tee-shirt ; tout est très fluide. Mais quand je réalise que pour gagner la sortie il faut obligatoirement passer par tous les stands de toutes les marques présentes, je me dis que ce semi-marathon de Paris est surtout un gros business que j’imagine bien rentable … Dans la foulée, je me promets intérieurement de ne plus jamais m’inscrire sur une grosse course de ce genre. Ce genre d’évènements n’est pas fait pour moi : trop de monde ! Par hasard je croise Sylvie, ma copine de fac avec qui je suis censée poireauter demain dans le sas violet. Mais je l’abandonne au stand « faites votre photo-montage avec les Kényans », pressée de quitter cet endroit qui grouille de monde.

Chic ce dossard avec le prénom !

Côté objectif ? Au vu de mes sensations super positives lors de mon dernier 15 km, j’ai décidé pour ce second semi-marathon de viser entre 1 heure 55 et 1 heure 50. 1 heure 50 (soit 11.5 km/h de moyenne) serait le top, mais gagner 5 minutes sur une telle distance en 5 mois (et sans entrainement spécifique bien évidemment ; on ne se refait pas :roll: ) me parait un peu ambitieux.

Côté tenue, même vêtements que la dernière fois. Je troque mon collant de running contre un vieux leggins pourri, histoire de pouvoir mettre un short à poches par dessus. Je n’ai aucun caleçon ou pantacourt à poches d’ailleurs, c’est un scandale ; du shopping s’impose !

Le jour J8 heures : réveil. J’ai donc officiellement chopé un rhume mais je n’ai plus mal au dos (ouf). Et globalement, je suis de meilleure humeur qu’hier. Je glisse dans mes poches des mouchoirs et un ravito bio : noix de macadamia et bananes séchées. Un délice énergétique ; mais bon, on est pas là pour bouffer hein.

Deux vitamines C, un thé et direction le Château de Vincennes avec mon homme. J’ai préféré ne pas arriver trop en avance pour ne pas me stresser inutilement ; je ressemble déjà suffisamment à une pile électrique survoltée. Une pause pipi cachée (ou pas) derrière un arbre, et Éric m’abandonne à l’entrée de mon sas violet presque encore vide. Par miracle, je tombe tout de suite sur Sylvie et sa bande. L’ambiance est au top ; durant l’échauffement on a plus l’impression d’être en boite de nuit que dans un sas d’attente. Gangnam Style et autres chansons dynamiques nous accompagnent, et je suis bien contente de ne pas être toute seule au milieu de cette foule !

10 heures 20 environ, et c’est enfin à nous de s’élancer. Je souhaite bonne chance à Sylvie et essaye tant bien que mal de trouver ma vitesse. Il y a des tonnes et des tonnes de supporters, je n’ai jamais vu ça. Des orchestres tous les 3 kilomètres, des encouragements de partout. Un magnifique soleil nous accompagne et j’ai même rapidement trop chaud ! Le passage au kilomètre 5 en 25 minutes 46 me permet de constater que, malgré mes difficultés à trouver mon rythme, je suis dans les temps. Un chouilla mieux que prévu même ! Je crève de soif, mais le monde au ravitaillement m’effraye alors je le zappe. Je récupère quelques centaines de mètres plus loin au bouteille d’eau déposée sur une voiture. Si demain je chope un herpès, je saurai d’où il vient !

Depuis le temps que je rêvais de porter ce célèbre sac plastique !

Les kilomètres défilent, et je suis en avance sur mes prévisions. Je passe le km 10 en 50 minutes 14 secondes et je réalise que je suis en train d’égaler mon record sur 10 km ! J’ai presque envie de le crier aux coureurs autour de moi. Puis j’aperçois au loin le meneur d’allure d’une heure 50. Ça faisait un moment que je me demandais où il était celui-là. J’arrive à sa hauteur et me disant qu’il serait sage que je me cale derrière lui pour la deuxième partie de la course. Au moins je serais régulière (ce qui me manque généralement) tout en étant au top de mon objectif. Sauf que je me sens bien, et mes jambes ont naturellement envie de le doubler. Alors hop, je continue sur ma lancée.

Une grosse pensée pour mon père en passant (deux fois) près de la Bastille. Une grosse pensée pour plein de gens d’ailleurs. Personne n’est là pour moi sur le bord de la route, mais ils sont tous dans ma tête. Les gens que j’aime évidemment, mais aussi un peu de ceux que j’aime moins et qui me donne une certaine niaque bien efficace dans une telle épreuve.

Sur le parcours, je prends conscience que Paris peut être une bien jolie ville … Mais aussi une ville … montagneuse !! Des descentes, des montées … moi qui m’attendait à un parcours plat, c’est loupé ! Certains galèrent pas mal dans les montées et ralentissent pour marcher. Hors de question pour moi de faire de même. Le cœur s’accélère et les cuisses chauffent mais je tiens bon.

En approchant du km 15 (que je passe en 1 heure 15, mieux que sur les Foulées Charentonnaises), que vois-je devant moi ? Encore un meneur d’allure 1 heure 50. Comme je sens que ça commence à être dur, je me dis « Ok ce coup-ci pas de folie, tu l’accroches et tu restes derrière. Ce serait con de se griller à 6 km de l’arrivée. » Sauf que le meneur d’allure a prévu un arrêt au ravito. Moi je me contente d’attraper une bouteille d’eau, d’en boire une gorgée sans m’étouffer et de croquer un mini morceau de banane. Le temps de balancer la bouteille (sans blesser personne) et je constate que mon meneur d’allure a disparu. Je viens donc allègrement de semer deux meneurs d’allure.

Les derniers kilomètres sont durs. Je comprends doucement ce que signifie « finir au mental » … Un coup d’œil à ma Garmin m’indique que j’ai 2 minutes d’avance sur mes prévisions. J’en suis ravie, mais ce n’est pas une raison pour ralentir et encore moins pour marcher (malgré la put*** d’ampoule que j’ai sous le pied). Les sprinteurs entrent dans la danse, et je m’accroche du mieux que je peux jusqu’aux derniers mètres (merci mon casque et ma musique) !

Enfin l’arche d’arrivée se dessine. Lorsque je stoppe ma montre juste après la ligne, je suis pile-poil sous 1 heure 48 minutes. Je suis trop contente. Bon j’ai l’impression d’être passée dans une machine à laver et j’ai les muscles des jambes qui se font bien sentir, mais ça n’est rien comparé à ce chrono inespéré ! D’ailleurs je vais finir par me demander si je ne suis pas plus douée sur semi que sur 10 km ! J’avance du mieux que je le peux avec les autres coureurs pour récupérer ma médaille, un poncho plastique (chouette, un deuxième) et surtout de l’eau ! Puis je file rampe jusqu’au point de rendez-vous pour retrouver mon homme. Toute pleine d’endorphines. Un coup de téléphone à mes parents sur le chemin histoire de rassurer tout le monde, et je m’écroule dans la voiture.

Bonheur intense de la douche, où je découvre avec effroi une ampoule gigantesque et … un ongle violet ! Le premier de ma vie de runneuse. Un souvenir original de cette superbe course. Que je referai sans doute l’année prochaine.

62 comments to Mon semi-marathon de Paris – 3 mars 2013

  • Et bien !!! Pour un semi réalisé sans prépa spécifique, tu as bien envoyé la sauce !!! Félicitations, la prochaine fois 1H45

  • mary

    souvent tu appréhendes mais au final tu gères ! bravo =)

  • bravo !
    le sac poubelle te vas à ravir

  • Lucile

    Ah zut j’espère que ça n’est pas moi qui t’ai porté la poisse pour ton orteil
    j’étais à ma fenêtre mais je ne t’ai pas reconnue dans le flot
    bravo en tout cas !

    • J’ai pensé direct à toi en voyant mon ongle tout violet ! Maintenant, j’attends de voir s’il va tomber. :-?

  • Jeezzie

    joli !!!! bravo pour cette belle perf !!

  • Bravo pour ce semi maîtrisé comme seule toi sait le faire.
    Avec ton mental et un entrainement un chouia mieux structuré ( quoi que tu en penses !!!!) ton prochain marathon se fera en moins de 3h50 … j’dis ca j’dis rien

    • Ah le marathon … Peut-être un jour, mais pas encore pour tout de suite. Et puis suis pas sûre d’avoir le gabarit assez solide pour plus de 3 heures de course. Pour le moment je m’éclate bien sur des « petites » distances et ça me suffit amplement.

  • Fèlicitations pour ta superbe perf! Si tu faisais un peu de prépa j’imagines meme pas de quoi tu es capable.

    • Merci. Mais si je suivais une vraie prépa la course à pied m’amuserait peut-être un peu moins, et le résultats en compétition ne serait pas aussi … surprenant !

  • Philippe

    aussi rapide à dégainer sur ton blog que sur le bitume ce matin ! pour info tu as battu le temps que j’avais réalisé pour mon premier semi marathon en 2009 bonne récup’ !

    • Je suis une blogueuse compulsive ; j’ai besoin de décharger rapidement ce qui me trotte dans la tête.

      Donc si j’ai battu ton chrono de 2009, dans quelques années moi aussi je cours un semi-marathon en moins d’une heure 30 ?! Le rêve … :roll:

  • Bravo pour ce nouveau record. Dommage qu’on ne se soit pas croisé avant la course. Bonne récup !

    • Je suis arrivée à 9 heures 30 passées, du coup j’ai filé droit dans mon sas. Une prochaine fois j’espère.

  • Nolwenn

    Bravo pour ce semi! et super résumé!

  • Et bien bravo Carole ! Un bon résultat pour un semi pas préparé et pas au top de ta forme ! Bonne récup maintenant

  • GIBO

    Un grand bravo pour un sacré chrono !
    Félicitations et place à la récup !!!

  • Impressionnant ! Bravo Carole

  • Bravo, joli chrono!

  • Christine

    Bravo pour ta performance Carole !!!
    Je pars dans 12 jours faire le semi-marathon de New York … Et j’espère que tu vas m’inspirer !
    C’est mon premier semi et vraiment hâte d’y être !!!
    En tout cas, toute mes félicitations pour le tien.

  • bravo pour ce beau chrono

  • Tati

    C’est un super compte rendu que j’ai dévoré de bout en bout! et quel chrono! Félicitations!

  • Bravo!!! super record!
    moi aussi bel ongle violet après la course

  • Et bien ça c’est un record pulvérisé !! Bravo Carole !!

  • Bravo pour ton chrono !
    si ça t’intérresse, il y a des petites astuces pour éviter les ongles noirs. C’est par ici :
    http://graindesable2014.canalblog.com/archives/2012/10/09/25287172.html
    C’est une technique de laçage qui est assez efficace.

    • Merci, j’essayerai à l’occaz’.
      Sinon tu ne connaitrais pas aussi une technique pour « soigner » un ongle noir par hasard ?

    • Non, je ne crois pas qu’il y ait une technique. Je crains que ce ne soit irréversible. Ton ongle va finir de noircir. Ça va être douloureux sur la dernière phalange, puis s’estomper, puis l’ongle va finir par tomber. Et repousser. Tu peux essayer de tremper le bout du doigt de pied dans une solution antiseptique quand ça va commencer à te faire mal au bout du doigt de pied. Pour limiter l’inflammation.
      Le coup du laçage magique, c’est pour que la basket soit retenue au niveau du coup de pied et éviter ainsi que les doigts de pieds n’aillent s’écraser dans le fond de la « gamelle ». Ecrabouillage répété au fil des foulées et à l’origine de l’ongle noir.
      Bon courage !

  • CANONBALL

    Performance = Récompense ….. si si !!
    J’espère que celle-ci sera à la hauteur des efforts consentis par tes gambettes ….
    Un mental à toute épreuve …. un compte rendu au top …. FE … LI … CI … TA … TIONS made in canonball !!
    Place à la détente …….. WOUAH ……… A+

    • Le chrono en lui-même est déjà une bien belle récompense.
      Pas facile la détente : ce matin j’ai tellement mal au cuisses que j’arrive à peine à descendre mes escaliers !

  • J’adore lire les comptes rendus des runneuses . Respect pour ton chrono !! Pour moi une toute première course avec un chrono de 2 h 11. Je suis super contente , même si je fais vachement mieux à l’entrainement . Cette premiere course restera un souvenir de bonheur pour moi et la sensation de m’être dédoublée pour arracher les deux derniers km avec un pied droit perclus de crampes !!! Bravo !!!! – et @+ sur le forum –

  • Super, suis impressionné, t’es super forte en fait, pas besoin de flipper, si je pouvais aller à ta vitesse je serai bien content.

  • pas trop de courbatures en ce lundi? ton pieds va un peu mieux ? j’espere que tu as reussi a aller jusqu’au boulot sans ramper aie aie aie les escaliers…lol

    • Si, les cuisses c’est l’horreur ! Mais le pied ça va ; j’ai mis un Compeed, c’est super contre les ampoules.

  • Quel chrono épatant!
    Vraiment, la semaine hyper allégée t’a fait du bien.
    Encore bravo

  • Bravo Carole! Tu as tout explosé! Sans crève, c’est 1H45, et avec prépa, s’est moins de 1h40, non?
    Juste dommage de ne pas t’avoir vue pour al photo de groupe avant le départ. mais comme tu dis, une prochaine fois. L’année prochaine?

    • Ne brûlons pas les étapes ! Et le jour où j’aurai envie de suivre une vraie prépa n’est pas encore prêt d’arriver je pense ! :roll:

      Je suis arrivée au Château de Vincennes assez tard en effet. Mais Ok pour l’année prochaine à Paris. Et sûrement entre temps sur d’autres courses !

  • Merci pour ton récit et félicitations pour ce super chrono.Bravo Carole

  • Ca annonce une belle saison tout ca ! La forme est là ! et comme disait Julien, t’es canon dans ton sac poubelle !

    • Jules

      Merveilleux pour toi Carole .Tu as fini bien longtemps avant moi qui me suis arrêté une soixantaine de fois pour prendre des photos .J’ai fait ce semi-marathon de Paris du 03 Mars 2013 sans aucune préparation et ma course précédente était Houilles. Pour moi qui ai couru plusieurs semi de paris je ne pense que ce semi- marathon de paris de 2013 fut encore plus beau, plus joyeux que les précédents. .Nous avons partagé une très belle course et nous sommes heureux de cela , c’est le principal qui embellira notre souvenir commun. Mj94290jules.

  • Sylvie

    Youhou !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • […] LoveLifeRunning Dire que j’y allais à reculons … Au final ce fut une de mes plus belles courses. Objectif largement atteint ! 1h 47min 49sec et 11776ème. Le récit de sa course sur son blog. […]