Semi-marathon de Paris - 2 mars 2014

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Météo sublime pour ce semi-marathon de Paris 2014 !

Pourquoi cette course ?
C’est très simple : ma découverte de cette course l’année dernière m’a laissé un souvenir tellement bon que je ne pouvais pas ne pas remettre le couvert cette année !

L’objectif ?
Ça fait tellement longtemps que je cours (ah ah) après cet objectif que j’ose à peine l’écrire : le fameux 1 heures 45 min, ou 12 km/h de vitesse moyenne sur 21 bornes ! Première tentative en avril 2013 puis la seconde fin août ; la cause de ces deux échecs : un put*** de point de côté apparu au 15ème kilomètres. La malédiction quoi. Et même si, théoriquement et selon mon RP sur 10 km, cet objectif est largement réalisable, ça m’angoisse presque ! Surtout que niveau prépa, c’est zéro : j’ai tout lâché depuis le début du mois de février. Pas le temps, mais surtout pas la motivation nécessaire …

L’avant-course …
RAS. Ah si, quand même : la veille, je cours … 21 bornes. Oui oui. Comme ça, juste parce que j’en avais envie/besoin. En fait, c’est une façon comme une autre d’ôter la pression que je me mettais moi-même sur cette distance/vitesse ; je fais 21 bornes aujourd’hui, je peux donc oublier tout espoir de record demain. Et vu le soulagement que je ressens à cette idée, je me dis que j’ai bien fait. En plus, l’envie de courir cette course n’est plus vraiment là depuis un moment … Trop de monde, trop d’attentes et trop d’agitation autour de cet événement. Je n’ai qu’une envie : fuir loin de tout ça. Je me tâte jusqu’au dernier moment samedi pour aller récupérer mon dossard … Mais dimanche matin, j’ouvre les volets : il fait un soleil de dingue. Le genre de météo pas vue à Paris depuis des semaines. Exactement comme l’année dernière ! J’ai un dossard, le parcours est cool, la météo est top et Johan a l’air d’accord pour m’accompagner à allure tranquille. Alors autant en profiter.

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La médaille !

Les 21.1 kilomètres …
Devant le Château de Vincennes, nous retrouvons Cécile et Steven, avec qui nous patientons 30 bonnes minutes dans le sas de départ. Entre l’attente et le méga bain de foule avant d’accéder au sas, je me demande finalement ce qui m’a pris de venir ici ce matin … Et puis finalement, nous passons l’arche, je cours et ça change tout ! Mais il y a beaucoup de monde : je vois deux ou trois coureurs tomber par terre en essayant de doubler. C’est assez impressionnant ces grands gaillards qui s’étalent de tout leur long ! D’ailleurs en parlant de doubler, c’est mission impossible : j’étais dans le sas 1 heure 50, mais il n’y a personne autour de nous qui court à une telle allure ! J’abandonne donc définitivement tout espoir de record et … je m’arrête pour faire pipi ! Ben quoi, on vient quand même de poireauter plus de 30 minutes et je n’ai pas envie de courir 21 kilomètres comme ça ! Hop hop hop et c’est reparti à une vitesse … aucune idée de ma vitesse en fait (mais le détail est ici). Je n’ai pas envie de regarder ma montre et je cours de façon à ne pas gêner ou être gênée par la masse de gens autour. Le rythme est plutôt cool, je profite du soleil et je retrouve ce pourquoi j’ai tant aimé cette course l’année dernière : l’ambiance !

Les kilomètres défilent rapidement mais il fait presque trop chaud ! C’est la guerre aux ravitaillements, heureusement Johan gère parfaitement la prise de bouteilles d’eau ! Nous accélérons légèrement au fur et à mesure des kilomètres mais ça reste une « promenade ». Les quelques côtes passent sans problème, je papote, je me sens bien, aucune pression … Waou, je crois bien que c’est la première fois que je vis une course de cette façon. Au 15ème kilomètre, mes jambes commencent à me rappeler qu’elles ont déjà 36 bornes au compteur en moins de 24 heures. Mais bon, on est presque arrivé non ? Alors on continue. Passé le kilomètre 17, c’est un peu l’hécatombe : les gens autour souffrent. Ça se voit sur les visages, ça ralentit et en l’espace d’un ou deux kilomètres j’en croise trois sur le bord de la route avec les pompiers ou le Samu … Moi je me sens fraiche comme une rose, limite je me dis que je pourrais encore courir une petite dizaine de kilomètres comme ça. C’est aussi étrange que plaisant ! On accélère un peu sur la fin, histoire de se donner un peu à fond (et encore …) ; seul ce dernier kilomètre sera couru à la fameuse vitesse de 12 km/h !

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Le détail de ces 21 kilomètres.

Après la course …
Je suis morte de soif. Excepté ce détail, ça va plutôt bien. Ma montre indique 1 heure 55 et des bananes, ce que je trouve plutôt honorable pour un semi-marathon couru à la cool. Ça avance en mode limace pour quitter les lieux ; un énième bain de foule. Limite je commencerais à y prendre goût ! Nous croisons rapidement Daddy, @Mayi_Rex et @ptitestef avant de quitter la foule.

Bilan (ou pas) !
Y a-t-il réellement besoin de faire un bilan de cette course ? Le bilan, je l’avais déjà fait dans ma tête la veille, durant mon footing de deux heures. Ça faisait plusieurs semaines que la sensation pointait le bout de son nez, insidieuse. Comme une lassitude, un ras-le-bol. Pas vraiment de courir, mais surtout de tout ce qui gravite autour, pour moi, depuis bientôt deux ans : le blog et les réseaux sociaux. Toute cette vie qui s’agite sur Internet mais aussi parfois « en vrai ». Ce monde hyperactif et légèrement addictif, qui te donne l’impression de louper des choses « importantes » (notez les guillemets) dès que tu t’en éloignes quelques heures. Cette vie parallèle qui ne s’arrête jamais et que l’on s’épuise à suivre pour rester « dans le coup ». Et puis il y a eu une, deux, trois gouttes de trop. Une sorte de saturation, de burn-out virtuel. Une sensibilité aussi mal placée qu’exacerbée. L’envie de retourner à l’âge de pierre, de déconnecter, au sens propre comme au figuré. De disparaître de ce petit monde virtuel. Bref … Ça m’est passé aussi rapidement que ça m’était tombé dessus, mais quand même. Je crois que j’ai besoin de revenir à la base, à ma base : courir dans mon coin, sans autre but que celui de me faire du bien. Ne pas enchainer les courses tous les dimanches. Ne pas viser de chrono. Décrocher, un peu. Ce que j’ai plutôt bien fait aujourd’hui finalement …

37 comments to Semi-marathon de Paris – 2 mars 2014

  • Je suis soufflée. Je ressentais tout comme toi (avec le mois de février consacré à des priorités pros et autres bouleversements hors run), avec le burn out du virtuel, un désenchantement sur une ou deux « amitiés » virtuelles et toute cette agitation autour du semi que tu décris.
    Mais j’ai péché par orgueil : non seulement j’ai couru ce semi, avec des courbatures de ma SL de vendredi, mais j’ai été un peu vite par rapport à ce que mon corps me disait. Bilan, réveil de tendinite au km19. Et bam, dans ta figure. Et je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. J’aurais aimé avoir ton courage d’assumer ce que je pensais (ne pas le courir, ou en tout cas le courir en marge,différemment). Ca m’aurait évité cette blessure (tout ça pour gagner une seconde sur mon RP: ridicule, pathétique) dont je ne sais même pas combien de temps elle va m’empêcher de courir…Bravo à toi, donc, et merci de me prouver que c’était POSSIBLE et qu’il faut toujours écouter ses intuitions (c’est mon crédo pourtant…mais là, dans mon mic mac mental, je me suis dit « mais non, tu es la seule à avoir cette réaction de rejet avec ce semi et twitter » < "ce n'est pas normal" < "n'écoute pas cette impression" < "coule-toi dans le moule."
    Bref, article inspirant. A lire et à relire pour apprendre à "décrocher" comme tu dis:)

    • Décidément il doit y a un truc ou un connexion astrale, ce n’est pas possible autrement !
      J’ai failli tenter ce semi comme toi, mais c’est la déception possible face à un éventuel échec qui m’en a empêché. Pas envie de prendre ce risque. Pas la force d’encaisser ça en ce moment. Ça n’a rien de bien glorieux au final.

  • theburningcherry

    Je crois que je vais m’essayer à ce fameux semi cette année . ça a l’air sympa mais tout ce monde m’effraie !
    c’est vrai que se déconnecter comme tu.dis aides beaucoup à se focaliser sur ce compte . ça fait beaucoup de bien.

    • Il faudra attendre 2015 maintenant. C’est une course très sympa, mais à faire entre potes/copines pour ne pas se retrouver seule perdue dans la foule !

  • Le burn-out virtuel, quelle jolie expression. C’est vrai qu’on est over connecté, qui plus est quand on se lance dans le blogging (et je te dis pas quand tu bosses dans le digital). Toutefois, c’est aussi un petit monde de supporters. Quoi qu’il en soit, bravo pour ta course, la deuxième partie m’impressionne ! T’es juste dingue d’avoir fait deux heures la veille !!!!

    • Hé oui, j’en connais quelque chose avec le boulot aussi … Il y a des avantages et des inconvénients à ce petit monde virtuel, à chacun d’y trouver son équilibre.
      42 kilomètres en 48 heures, ça passe plutôt pas mal en fait.

  • C’est hyper touchant en fait ce CR, et surtout le bilan que tu fais… En plus tu as entièrement raison, il y a des phrases quand je les lis j’ai presque l’impression de les avoir écrites. Effectivement tout ce mouvement autour des réseaux sociaux… c’est bien c’est sur mais parfois… ça a du bon aussi de déconnecter des fois ! Il y a des WE où je ne vais quasiment pas ni sur FB ni sur les blogs, et en fait ça fait du bien !

    Mais ne culpabilise surtout pas, prends soin de toi, n’oublie pas de passer du temps avec tes proches, n’oublie pas qu’à la base si tu as commencé ce blog c’est parce que tu aimes courir, et pas l’inverse, reviens donc à l’essentiel !

    Et en plus, là je vais parler d’un point de vue de lectrice, le chrono que tu fais on s’en fiche un peu, on aime juste voir que tu prends du plaisir sur les courses et que tu prends aussi du plaisir à nous les raconter. Moi ça me fait plaisir de voir des personnes comme toi qui vont sur une course sans forcément avoir un chrono en tête, des personnes « normales », comme moi quoi ! Et ça me fait penser à un des derniers articles d’Emmanuelle (http://www.runningsucks.fr/complexe-dinferiorite-kilometrique/), comme quoi les réseaux sociaux ça n’a pas toujours que du bon !

    Courage !!! Bises

    • Merci pour ton message.
      La course au chrono ou à celui qui fera le plus de bornes (dont parle Manue dans son article), j’y ai pensé aussi en écrivant mon petit « bilan ». Ça fait partie du jeu des réseaux sociaux.
      Déconnecter totalement, je l’ai fait pendant ma semaines de vacances au début de mois. Ça m’a fait beaucoup de bien. À refaire régulièrement à Paris !

  • Sylvie

    Je t’envie d’avoir eu un peu d’eau au ravitaillement

    J’adore lire tes CR, ta façon de voir les choses aussi. Si tu as besoin de te retrouver et de retrouver tes bases solides, fais-le !

    Bises

    • Merci Sylvie.
      Pour l’eau, si mon binôme n’y était pas allé, je serai morte desséchée ! Trop flippé par la cohue assoiffée !

  • Joli CR, je comprends tout à fait ce burn-out virtuel. Je l’ai fait un peu aussi en février. Je ne courais pas le semi mais à force de l’excitation autour, j’en étais triste, j’avais l’impression d’être à l’écart car je ne le faisais pas. Ce qui est totalement con. Et pendant mon morning run tranquilou d’hier, au soleil, je me suis dit que c’était quand même super chouette de courir sans pression et que, une fois déconnectée de twitter le samedi soir (jusqu’au lundi matin), qu’est ce qu’on se sent bien Au final c’est ça les choses importantes.

  • 1h55 me semble super, malgré qu’il n’était pas votre objectif. Bien fait !

  • Ma petite Carole,
    Tu as tant couru et blogger depuis ces deux dernières années ( à notre grand bonheur, d’ailleurs !!!).
    Peut-être te sens-tu un peu emprisonnée ou obligée de courir pour Blogger, ou blogger pour courir. Mais en même temps, ca fait tellement de bien ( sauf pour les personnes qui enchaînent blessures sur blessures… ;-().
    Ca fait du bien parfois de dire PAUSE, pour mieux continuer ou pour simplement arrêter.
    A chaque passion, son apogée – enfin…c’est comme ça que je le vois –

    Alors …. Bonne continuation… ?

    • Oh non, je n’ai jamais couru pour blogguer (ni l’inverse d’ailleurs). Je n’ai pas envie de tout arrêter, mais peut-être de diminuer un peu le rythme. Mine de rien, tout cela prend énormément de temps et commence à me lasser/fatiguer. So … wait and see !

  • Un semi à la cool sans pression, c’est peut être (sans doute ?) ce dont tu avais besoin. Tu n’es pas une machine et quand la vie fait des siennes notre CAP s’en ressent toujours je peux également te l’affirmer
    Prends un peu de temps pour toi, repose toi de tout ça
    Mais j’espère tout de même te revoir dans une course dans l’nord à l’ocaz !
    See U.
    Clém

    • Du cool et du sans pression, c’est sûr que c’est ce dont j’ai besoin en ce moment, et pas seulement en CAP !
      J’ai quelques courses prévues dans le Nord. Pas sûre de les maintenir, mais si jamais ça tient nous aurons l’occasion de nous recroiser.

  • Trop de semi-de-Paris tue le semi-de-Paris. Je crois que tu n’es pas la seule à avoir été un peu fatiguée par le trop de blabla, trop de commentaires, trop de ceci cela. T’as eu le courage de t’écouter et d’aller au bout de ta démarche malgré la pression de tout ce petit monde connecté et tu as sans doute bien fait. J’crois que c’est cyclique tout ça. On peut pas tout le temps avoir l’envie ni les ressources psychologiques d’aller chercher des records et c’est une super chose de savoir apprécier ce sport différemment. Bref

    • Tout comme trop de Twitter tue Twitter, trop de FB tue FB … et au final ça fonctionne avec tout cette formule ! Peut-être que c’est cyclique, on verra (il y en a bien qui ont disparu en mode « sans retour » …). Pour le moment je ne sais même pas comment aborder les prochaines courses auxquelles je suis inscrite … Bref, l’incertitude runnesque la plus totale !

  • Touchant et personnel ce CR. Trop de virtuel, trop de bavardages, dehors on se sent vivant, en vrai ! A bientôt Carole !

  • Ecoute tu as pris du plaisir , tu as su gérer pour apprécier l’ambiance et la compagnie de johan c’est finalement ça l’essentiel
    et je te rejoins pour le virtuel, je t’avoue que bien svt le we je fais au moins la pause twitter et ça fait du bien d’autant plus lors des gros événements course ….

    • Pas sûre d’avoir aussi bien gérer « l’essentiel » que tu le décris … Mais bon, tout ne peut pas être tout rose tout le temps.

  • Running-Addict

    Courir, Bloguer, Tweeter… Tout ça doit rester un plaisir, un moment de détente! Si à un moment ce n’est plus ça qui t’anime… La vie est faîtes de tellement de choses qu’il est logique de vouloir lever le pied!

    • Dans le virtuel, parfois la frontière entre la « détente » et le business n’est plus si claire …

  • Heureusement que parfois t’as envie de décrocher et que t’es pas mono-addict Moi parfois je me prends un petit mois sans trop courir, en picolant et en bouffant comme un cochon, parfois même avant de préparer une course Ce qui me réussi pas trop mal en fait lol Ce qui est bien, c’est de faire ce qu’on veut quand on en a envie…et après les chronos, bah ça tombe quand ça le veut, mais faut pas faire de fixette

    • Un mois sans courir, je déprime ! Mais un mois sans Internet, j’avoue que ça pourrait me faire grand bien …

  • Bravo Carole ! Tu es tout de même courageuse d’avoir fait 2 semis dans le week-end
    Bonne récup maintenant !

  • Un marathon dans le week-end et un superbe chrono à la cool. J’ai envie de dire: continue à faire comme tu le sens ça semble très bien te réussir

  • C’est vrai qu’il y a beaucoup d’effervescence autour de ce semi j’ai l’impression, comme le marathon de Paris (trop de monde pour moi je t’avouerai, cela ne me fait pas rêver). Ca en parle de partout, c’est LA course et trop de course tue la course j’ai l’impression
    Tu as fais quand même un chrono plus que respectable pour un semi à la cool, le plus important c’est que tu te sois fais plaisir.
    Bonne récup’ et lève un peu le pieds peut-être pour retrouver tes sensations d’avant
    Au plaisir,
    Aurore

    • Oui, pour le marathon de Paris c’est encore pire ! Mais comme je ne le fais pas, ça me touche moins ; je n’ai pas l’impression d’en être « exclue » si je ne participe pas à « effervescence virtuelle » autour de cet événement.
      Je vais lever le pied, mais à ma façon.

  • bonsoir Carole
    je comprends bien tes ressentis mais tu as quand même couru 42 km en deux jours…pas si mal
    je ne suis pas adepte non plus de ces bains de foule et j’appréciie de plus en plus les petites courses locales
    je me pose la même question que toi sur le temps consacré au monde réel et le temps consacré au virtuel/écran…pour moi le virtuel n’a de sens que s’il amène à la rencontre
    pour se retrouver comme coureur rien ne vaut une petite sortie trail en province…
    freerunner

  • Oriane

    Hello! Je reviens souvent sur ton blog pour lire et relire tes articles. Il m’arrive la même chose. Le semi de Berlin est dans dix jours, et j’ai aucune envie de me joindre à la foule. Retour aux bases: l’envie! Surtout pour s’éloigner également des gens qui courent pour le trend. Au top de ma liste 2014: arrêter de courir pour la performance et reprendre la course à pied pour le plaisir comme avant!
    Merci pour tes articles!
    A bientooot
    xxx de Berlin